François Mauriac

Edition le Livre de Poche

De François Mauriac je n’ai lu que Thérèse Desqueyroux lecture que j’ai apprécié, j’ai donc voulu continuer à découvrir l’oeuvre de l’auteur .

Ce roman a été concu en deux mois, mais initialement son nom était tout autre, d’abord intitulé Dormir plutôt que vivre, puis simplement Péloueyre du nom de Jean et finalement Le baiser au lépreux.

Au sein de ce court texte nous faisons la connaissance de Jean Péloueyre jeune homme appartenant à une famille riche il est décrit comme ayant un physique disgracieux et comme étant complexé.

Son père un homme maladif va conclure un pacte avec le curé du village en organisant son mariage avec la belle Noémi Artiailh.


Noémi est décrite ainsi :

« Tête brune et bouclée d’ange espagnol » et  » corps dru »


Mais qu’on ne s’y trompe c’est un mariage de convenance , la famille de la jeune fille doit faire face à des difficultés financières et son union favoriserait ainsi les deux parties.

« on ne refuse pas un Péloueyre »

La jeune femme éprouve une certaine répugnance à l’idée de se marier à Jean mais soumise à Dieu ainsi qu’à sa famille elle ne cherche pas à contredire la décision prise et le mariage a lieu.

Mais Jean se rend compte que sa femme éprouve toujours du dégoût à son encontre , alors petit à petit il s’éloigne d’elle quitte à s’effacer totalement.

Jean éprouve des remords car il sait qu’il ne s’agit pas d’un mariage d’amour dès lors il décide de partir à Paris.
Au début Noémi ne comprend pas réellement les causes du départ de son mari, mais il s’agit bien entendu d’un accord tacite entre les époux même si celui-ci est silencieux.

L’auteur entame ainsi la deuxième partie du roman, Jean est parti et dès lors Noémi fait face à des tentations et s’éveille .

En effet , elle est épanouie et est attirée par le jeune médecin de son beau-père , a contrario Jean son mari jeune homme timide et peureux tente de sombrer dans la débauche parisienne.

Cependant, malgré son attirance pour le médecin Noémi réclame la présence de son mari à ses coté , celui-ci décide donc de revenir au domicile conjugal.

Le retour de Jean correspond à la troisième partie du roman , mais maladie puis la mort s’introduit au sein du foyer. En effet Jean désire mourir afin selon lui de libérer sa femme de sa présence , alors il met en place un stratagème en veillant un tuberculeux et meurt contaminé .

Noémi devenue veuve veille sur son beau-père et malgré une dernière tentation avec le médecin elle ne cède pas à la chair en commettant une offense envers Dieu et envers les hommes.

Le roman s’achève sur une veuve qui s’adonne encore plus à la piété et qui porte le deuil durant trois ans…

Mon avis :

Cette lecture assez courte était assez plaisante force est de constater que nous ne sommes pas dans un registre aussi dramatique que l’oeuvre que j’ai lu précédemment de MauriacThérèse Desqueyroux.

Ici les thèmes centraux sont surtout la religion et le désir.

L’auteur ne fait pas de demie mesure et dès le départ nous apprenons que Jean est « laid » , son épouse éprouve d’ailleurs du dégoût a son encontre .

Les termes peuvent paraitre crus , mais l’auteur a voulu ainsi mettre en relief la réalité , les faux semblants du mariage et de certains couples.
Car en effet , ce n’est pas un mariage d’amour donc désiré , les deux jeunes gens sont jetés dans la fosse afin de régler des problèmes financiers.



A aucun moment les familles ont pris la peine de leur demander leurs avis , c’est pour cela que Jean est pris de remords et s’en va à la capitale.

C’est avec brio que Mauriac a su montrer que Noémi essaie par pudeur de cacher sa répugnance alors Jean avec subtilité a su le deviner sans pour autant le laisser paraitre .


Mais malgré le manque de sentiments de Noémi à l’égard de Jean elle ne succombe pas à la tentation avec le séduisant medecin et reste fidèle à son époux jusqu’à la mort.



Elle fait ainsi figure de sainte , de dévote à tout épreuve à la différence de Thérèse Desqueyroux.

Ce roman fait connaitre à Mauriac le succès et cela se comprend car il décrit les sentiments avec minutie et poésie.

Empreint de religiosité il y règne aussi un combat entre les désirs de la chair et la foi en Dieu.

Assurément Mauriac effectue une critique de l’institution matrimonial car peut-être que Jean n’était pas aussi laid qu’il il est décrit et peut-être qu’une femme aurait pu l’aimer si on lui avait laisser le choix de la choisir…

Connaissez-vous l’oeuvre de Mauriac et avez-vous lu ce titre?




Ma note :

❤️❤️❤️

3/5