Edition Chandeigne

José Maria de Eça de Queirós ou Queiroz est un auteur naturaliste il est considéré comme le Zola portugais et comme l’un des plus grands écrivains de tous les temps.

Son roman Les maia retraçant une épopée familiale est souvent qualifié comme étant son chef-d’œuvre, qui montre l’immense

talent du romancier, assurément c’est un écrivain qui mériterait d’être davantage connu.

Nous faisons la rencontre d’un couple de bourgeois portugais Luisa et Jorge le quotidien assez routinier sera perturbée par l’arrivée du cousin Bazilio.

Installé au Brésil depuis quelques années il est de retour à Lisbonne et ce durant l’absence de Jorge parti en mission dans les provinces de l’Alentejo.

Ce retour bouleverse Luisa car plus jeunes ils ont vécu une romance dont la jeune bourgeoise n’est pas sortie indemne .

Mais tout le monde se connait au sein de la société lisboète et la rencontre a lieu irrémédiablement , ainsi Luisa découvre un Bazilio qui n’a en rien perdu de sa superbe, beau, jeune, séducteur et libertin.

Aussi, il s’applique à séduire sa cousine, malgré ses réticences Luisa ne peut résister au charme et à l’impétuosité de bazilio et trompe son époux malgré l’amour qu’elle lui porte.

S’en suit alors une passion fougueuse et intense entre les deux amants , l’amante retrouvant les émois et les tressaillements de sa jeunesse.

Malheureusement tel est pris qui croyait prendre car l’acariâtre servante Juliana méprisée par Luisa jadis découvre la liaison et décide de prendre sa revanche.

Désormais , elle fera du chantage à sa maîtresse lui menant une vie difficile car celle-ci ne voulant être répudiée par son époux et rejetée par la société y consent sans autre issue.


Alors abandonnée par son amant, seule et à la merci de Juliana comment Luisa va sortir de cette situation , d’autant plus que depuis son retour Jorge à des soupçons quant au comportement étrange de sa femme…

Mon avis :

Ce roman a été un véritable coup de coeur et j’ai passé un très bon moment de lecture.

De prime abord on pourrait croire que ce récit publié près de vingt ans après Madame Bovary est une copie de part sa thématique néanmoins la façon dont l’intrigue est menée est totalement différente.

Car ici c’est l’histoire d’un adultère fatal et sordide et d’un chantage «social», ce roman est une peinture cruelle et drôle de la société de Lisbonne de la fin du XIXe siècle.

Je comprends que ce roman ait pu choqué même si il a été accepté en partie par les contemporains issus de ce milieu social, car nous ne sommes qu’en 1878 lors de sa parution.

En effet il est empreint de sensualité, l’auteur à mis en exergue le désir féminin qu’il n’a pas cherché à minimiser il l’a fait renaître avec avec l’arrivée de Bazilio, aussi les scènes des débats amoureux sont décrites avec élégance.

L’écriture , les tournures et les descriptions sont savamment menées , le réalisme permet à l’auteur par moment d’être assez sarcastique surtout lorsqu’il critique la bourgeoisie portugaise .


Aussi à travers le personnage de Juliana il effectue une critique des différentes classes sociales, en effet Luisa méprise sa servante qu’elle trouve insignifiante alors la revanche de celle-ci montre le changement du rapport de force désormais la classe dominante est à la merci de la classe inférieure .

C’est notamment ce que lui reproche Juliana lors de lors échanges houleux car on ressent sa colère, son désarroi et sa frustration pour autant rien n’excuse le chantage qu’elle fera subir à sa maitresse.

En outre l’auteur s’intéresse également à la condition des femmes et des moeurs de l’époque, en effet celles-ci n’avaient guère de pouvoir, le mariage étant la seule échappatoire .
Les femmes mariées s’ennuyaient a l’instar de Luisa aussi si elles essayaient de satisfaire leurs désirs elles seraient automatiquement traitées de dévergondées et d’infréquentables, les apparences devant avant tout de chose être respectée.

Nul doute que l’auteur était un observateur clairvoyant et réaliste de son temps qui a su mettre en évidence les sentiments et la psychologie des personnages de manière aisée , ses voyages et sa culture l’ont sans doute aidé à avoir une palette de comportement humain.

Malgré les sentiments parfois contradictoires et complexes des personnages le lecteur a peut saisir l’essence de ce récit malgré un certain cynisme de l’auteur, rassurez-vous ce n’est pas une pale copie de Madame Bovary malgré l’admiration évidente de l’auteur pour Flaubert.

Assurément je continuerai ma découverte de cet auteur, comme sa notoriété l’indique Eça de Queiroz semble être le maître incontesté du roman portugais.

Et vous le connaissiez-vous ?




Ma note :

❤️❤️❤️❤️❤️

5/5