JessicaBouquine

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Laissez-moi – 1933

Marcelle Sauvageot

Edition Librio

J’ai découvert la collection oeuvre du matrimoine aux éditions Librio il s’agit à travers cette collection de redécouvrir des autrices oubliées.

Laissez-moi est un court texte de Marcelle Sauvageot écrit en 1933, ça sera d’ailleurs le seul roman écrit par l’autrice décédée en 1934.
Ce roman donne l’impression d’un journal intime , en l’espèce jeune femme nous faisons la connaissance d’une jeune femme atteinte de tuberculose qui doit retourner au sanatorium .

Elle ne sait pas si cette fois elle y reviendra , elle reçoit néanmoins une lettre de son amant , celui-ci lui annonce qu’il va se marier.

A travers ce ré journal elle y retrace , leur émoi , son désarroi , c’est une fine analyse psychologique de cette relation désormais terminée…

 « Tu m’amuses et j’ai envie de prendre un sourire moqueur. Mais qu’on ne dise pas que tu es un « joli cœur »; tes faiblesses sont à moi. Je les ai découvertes peu à peu en t’examinant sans trêve. Je souffre que tu aies ces travers, mais je ne voudrais pas que tu en changes. Je t’en parle quelquefois en souriant. Je ne voudrais pas te froisser, ni te donner des conseils. Je voudrais que tu saches ce que je sais; et j’aimerais qu’au lieu d’essayer de ne pas te montrer tel que tu es, tu me dévoiles toutes tes petites laideurs. Je les aimerais, car elles seraient à moi. Les autres ne les connaîtraient pas, et c’est par là que nous nous rejoindrons en dehors du monde. » 

Mon avis :

A travers ce texte l’on découvre la relation désormais terminée de ces deux amants , c’est l’histoire d’une jeune femme éconduite.

C’est une sorte d’émancipation féminine car elle y retrace ses sentiments , ses peines , elle y décrit un homme qui a besoin d’être flatté , qu’on admire , était-ce l’homme des années 1930?

Aussi elle dresse un portrait de la société patriarcale où l’homme dispose, fait ce dont il veut :

« Oh! homme, tu veux toujours qu’on t’admire. Toi, tu ne juges pas, tu ne mesures pas la femme que tu aimes. Tu es là, tu la prends; tu saisis ton bonheur, elle semble ne plus s’appartenir, avoir perdu toute notion: tu es heureux. Elle t’a crié : je t’aime, et tu es satisfait. Tu n’es pas brutal ; tu es doux, tu lui parles, tu t’inquiètes d’elle; tu la consoles par des mots tendres, tu la berces. Mais tu ne la juges pas, puisque tu lui demandes d’être heureuse par toi et de te dire qu’elle est heureuse par toi. Mais si tu t’aperçois que deux yeux te regardent, puis sourient, tu te révoltes. Tu as l’impression qu’on t’a « vu » et tu ne veux pas être vu: tu veux « être » seulement. Avec inquiétude, tu demandes « À quoi penses-tu? » .

A travers sa réflexion l’autrice pense que la femme est égale à l’homme et tout comme lui elle sait se résigner et se satisfaire de son sort.

C’est un récit de résignation elle accepte cette situation et décide d’aller de l’avant même si elle ne sait pas si elle sortira vivante du sanatorium .

La plume de l’autrice est élégante , c’est une écriture libératrice , l’on sent qu’a terme la jeune femme est s’est délestée du poids que représente cette relation et peut se déployer ailleurs.

Désormais elle ne sera plus l’amante mais l’amie…

Ce n’est pas une lecture joyeuse car c’est un texte tout en émotion, où le sentiment de résignation est fort assurément un exutoire pour l’amante éconduite .


Connaissez cette autrice ?

Ma note :

❤️❤️

2,5/5

jessica

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