JessicaBouquine

Le blog d'une lectrice passionnée

Accueil » Chroniques » Le bouquiniste Mendel – 1929

Le bouquiniste Mendel – 1929

Stefan Zweig

Roman classique

Edition Les éditions du Cénacle

Stefan Zweig est un auteur immensément connu que j’ai découvert à travers la lecture de « lettre d’une inconnue » véritable coup de coeur.

Je continue ainsi petit à petit ma découverte de cet auteur, ainsi publiée en feuilletons en 1929 cette nouvelle n’est vraisemblablement pas la plus connue de l’auteur.

En l’espèce nous sommes en présence d’un narrateur qui nous conte la vie de Monsieur Jakob Mendel un bouquiniste.

Ainsi , cherchant à fuir une averse le narrateur va s’abriter au sein d’un café mais peu à peu il se rend compte qu’il connait ce lieu.

Farfouillant dans ses souvenirs il va se rappeler qu’il y a une vingtaine d’années , alors qu’il était encore étudiant il s’était rendu en ces lieux afin de rencontrer le bouquiniste pour qu’il aide à trouver un livre correspondant à son sujet d’étude.
Mais comment a-t-il pu oublier cet épisode marquant de sa vie?
Car jamais il n’avait rencontré un homme aussi érudit, véritable bibliographe doté d’une mémoire exceptionnelle car dans la Vienne du début du siècle, il n’est pas un bibliophile qui ne connaisse Jakob Mendel, catalogue vivant de l’ensemble du savoir imprimé.

Mendel est un homme passionné , les livres sont toutes sa vie et il ne vit que pour eux mais attention cet attrait l’empêche de se rendre compte que les temps changent et que la Première Guerre mondiale se dessine…

« Car il lisait comme d’autres prient, comme un joueur qui se passionne pour sa partie, ou comme un ivrogne hébété regarde fixement dans le vide; il lisait avec un recueillement si frappant que, depuis , la manière dont lisent les autres m’a toujours semblé une chose profane. « 

Mon avis :

Cette nouvelle est passionnante et ce fut un coup de coeur!

Comme à son habitude le style inimitable de Zweig est magnifique et l’on se rend compte encore une fois de l’amour de l’auteur pour la littérature.

C’est ce que traduit , le thème de ce court récit par le biais de Jakob Mendel véritable catalogue vivant en son temps capable de trouver et de renseigner quiconque sur n’importe quel ouvrage .

Tout passionné de littérature se reconnait en Jakob Mendel , humaniste en son temps , passant ses journées au café Gluck il était une légende vivante mais l’auteur bien que passionné par la littérature a su avec soin émettre une limite à cette attitude.
En effet, Jakob Mendel est coupé de tout et n’a aucun regard sur le monde qui l’entoure , les affres de la Première guerre mondiale ne sont pas loin mais il l’ignore, car il est loin des réalités du monde.

Stefan Zweig à travers Mendel donne un conseil aux lecteurs , bien que passionnés ceux-ci doivent toujours se tenir informer du monde qui l’entoure car malheureusement le changement arrive vite et souvent nous sommes étonnés des réalités .

De plus , l’auteur nous montre que les livres créent du lien , ils permettent aux personnes de se rencontrer afin de faire partie d’un autre monde pour quelques jours ou quelques semaines .

« On ne crée des livres que pour se lier à d’autres, par-delà son propre souffle, et pour se défendre face à ce qui se dresse sans pitié contre toute vie : l’éphémère et l’oubli. »

Enfin , la thématique du temps qui passe et du souvenir sont également mis en exergue au sein de cette nouvelle.
En effet, le narrateur a oublié Mendel bien qu’impressionné cet homme qui l’avait aidé, l’auteur nous invite à entretenir les relations ou encore à entretenir la mémoire de ceux qui nous ont fait du bien.

Ce n’est qu’avec l’aide de l’employé du café il a su que cet homme remarquable était mort de façon très triste , lui qui n’était devenu que l’ombre de lui-même dépourvu de ses trésors : les livres.

Assurément je continuerai à découvrir cet auteur remarquable qu’était Stefan Zweig!

Et vous l’avez-vous lu ?

Ma note :

❤️❤️❤️❤️❤️

5/5

jessica

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Revenir en haut de page