Dana Grigorcea

Edition Albin Michel

lls parlaient de petits riens, de choses vécues, d’anecdotes tirées des journaux gratuits, ils riaient et se taisaient, se tenaient bien fort par la main. Et tous deux se disaient que jamais ils n’avaient été aussi près de la vie.

De nos jours au bord du lac de Zurich, Anna une danseuse, ex-ballerine mondaine et mariée à un médecin fait la rencontre de Gürkan, un jeune jardinier kurde .

Anna est une femme séductrice consciente de son charme auprès des hommes , elle n’a aucune difficulté à engager la conversation avec le jeune homme d’abord s’agissant de son petit chien, puis ils apprennent à se connaître .
Les inconnus se plaisent, décident de se revoir et deviennent amants, ce n’est pas la première fois pour Anna mais cette fois-ci les choses sont différentes et elle est prise à son propre jeu.
Mais comment vivre cette relation cachée alors que les deux amants sont mariés et n’habitent pas au même endroit?

Le retour à la réalité est dure mais Anna pense s’en remettre néanmoins avec la venue de l’été elle ressent le manque, elle doit se rendre à l’évidence elle est amoureuse car rien ne semble apaiser ce manque.

Assurément cette rencontre a changé à jamais la vie d’Anna…..

Anna demandait entre deux baisers s’il l’aimait plus que sa femme et que toutes les femmes qu’il avait jamais désirées, et il disait que oui, que jamais de sa vie il n’avait été aussi heureux.

Mon avis:

Ce récit est une réécriture libre et moderne du roman intitulé la Dame au petit chien de Tchekhov publiée en 1899 .

L’autrice met en relief une femme émancipée , adulée de tous qui par ailleurs mène sa vie comme elle l’entend c’est le pendant féminin de notre héros de la Dame au petit chien.

Ce court roman décrit les sentiments de deux etres que tout oppose au départ, il n’est pas fortuné alors qu’elle est riche, il est jeune elle est plus agée.

La seule chose qui les rapproche au départ c’est qu’ils sont mariés pourtant les contraires s’attirent et ils apprennent à se découvrir et à s’aimer .

L’amour a un caractère intemporel et Dana Grigorcea a su saisir ces instants, ces émotions, les sentiments sont analysés avec minutie.

Ce récit n’est pas un coup de coeur mais j’ai apprécié la réinterprétation manifeste , car l’autrice évoque la question du désir que l’on recherche quand les mariages malheureux ou insatisfaisants.
Car en l’espèce, Anna et son amant sont amers leur rencontre va créer une sorte de renaissance , d’oxygène dans leur vie.

Enfin, l’indépendance féminine est un thème important en l’espèce car Anna est très séduisante c’est une femme libre, qui vit sa vie comme elle l’entend, elle agit à sa guise sachant quitte ses amants quand elle s’en est lassée mais qui se retrouve prise à son propre jeu celui de l’amour.

Anna avait le chic pour alimenter la vénération masculine, les échanges de gestes tendres, en faisant comme si le contrôle de la situation lui échappait. Ainsi aidait-elle l’amant à prendre sa place de soupirant empressé qui ne tardait pas à la suivre comme une ombre. Alors seulement elle se donnait à lui comme elle ne voulait se donner qu’à un seul: l’homme du moment. 
Elle le faisait pour l’amour, se disait-elle, pour n’être pas en reste avec la vie.

L’amour ce sentiment magnifique il fait ressortir et faire renaitre des sentiments enfouis au plus profond des êtres qui se croyaient imperturbable en l’instar d’Anna.

Avec élégance et délicatesse, La dame au petit chien arabe se laisse découvrir et le charme opère naturellement .

Et vous connaissiez-vous cette réécriture moderne du texte de l’auteur russe Tchekhov?

Ma note :

❤️❤️❤️

3/5