Paula Jacques

Edition Flammarion

Paula Jacques est née au Caire dans une famille appartenant à la séculaire communauté des juifs d’Egypte qui fut brutalement expulsée sous Nasser. À son arrivée en France, elle exercera divers petits boulots puis, devenue journaliste de radio, elle animera l’émission Cosmopolitaine sur France Inter durant une vingtaine d’années. Autrice d’une douzaine de romans dont Deborah et les anges dissipés, lauréat du prix Femina 1991.

Dans Mon oncle de Brooklyn l’autrice raconte les aventures d’une jeune journaliste envoyée à New York, pigiste pour le journal « Jeune Afrique » pour le travail.

Quand Éva débarque à New York, elle doit interviewer des personnalités éminentes à l’instar de Toni Morrison.
Mais elle doit également à la demande de sa mère rendre visite à son oncle qu’elle connaît peu , elle y apprend qu’il vient de perdre sa femme de façon tragique.
En effet, le soir d’un chabbat, en trifouillant une chaudière l’a fait exploser, tuant tragiquement sa femme et plusieurs de ses enfants mais selon lui c’était la volonté de Dieu

Elle se retrouve donc face à une communauté juive ultra-orthodoxe à laquelle elle a du mal à s’identifier.

 Au-delà des moeurs familiales Eva découvre les tensions raciales, la communauté juive orthodoxe mais aussi la culture diversifiée et captivante de la ville de New-york.

Puis une rencontre va bouleverser le cours des choses, celle de Barry un écrivain séduisant en mal d’inspiration mais doté d’un carnet d’adresses important.

On peut se demander si cette expérience aussi bien professionnelle que familiale va-t-elle tenir ses promesses?

Mon avis :

Au travers de ce roman l’on découvre l’expérience journalistique d’une jeune femme inspirée pour beaucoup des propres expériences de Paula Jacques ce qui rend le récit palpitant .
En effet, les interviews livrées au sein du récit notamment celle du réalisateur Spike Lee qui au départ s’est montré méprisant envers l’héroïne et plus tard celle de l’immense autrice Toni Morrison impressionnante et fascinante à qui a été décernée le dernier Pulitzer est retranscrite entièrement dans le récit ce qui est rare dans un roman apporte une touche de fraicheur au texte.

Avec une histoire apparemment simple l’autrice vient mettre en exergue le phénomène des haines raciales, celle de la haine des juifs mais aussi celle de la haine des noirs d’ailleurs on y apprend qu’un jeune homme noir a été sauvagement assassiné par des blancs.

C’est la mise en parallèle de deux peuples discriminés , les juifs et les noirs américains, cependant même si c’est un sujet important et sensible l’autrice ne construit pas son récit autour de la colère ou encore de la tristesse.


Au contraire l’on découvre les deux cultures à un moment crucial pour la ville, puisqu’il y a un afro-américain David Dinkins , qui se présente aux élections et qui va être élu maire de New York.


En outre, j’ai apprécié découvrir une famille juive très religieuse, c’est l’héritage familial d’Eva qui est mis en lumière car même si elle est déracinée et étonnée par cette famille l’héroïne va s’en rapprocher et renouer avec elle.


Ensuite, l’histoire d’amour d’Eva avec Barry bien que pas nécessaire selon moi apporte une touche de sincérité au personnage car on la découvre dans ses moments de faiblesses, même si en définitive on l’on se rend compte que c’est une femme forte et déterminée .


Et enfin la découverte palpitante de la culture noire américaine avec comme toile de fond les bouleversements pour les droits civiques qui se passent à ce moment-là, en 1989.

En définitive, même si ce roman est illustré par des faits historiques réels dans les années 80 aux Etats-Unis, ce récit n’a pas été un coup de coeur.

Et vous avez-vous lu ce roman?

Ma note :

❤️❤️,❤️

2,5 / 5