Se-Ah Jang

Editions les Presses de la Cité
Se-Ah Jang a travaillé en tant que publicitaire dans le luxe avant de se lancer dans l’écriture. La Belle-Fille, son premier roman, a été publié aux États-Unis et en Angleterre et est en cours de traduction dans une dizaine d’autres pays.
Et si cette nouvelle vie n’était qu’un piège ? Jae-Young doit disparaître. À bord d`un train pour Séoul, elle a laissé derrière elle tout ce qu`elle avait – son petit boulot, son appartement miteux, et surtout son compagnon violent. Face à elle, une jeune mère, seule avec son bébé, lui raconte qu`elle va rencontrer sa belle-famille qu`elle n`a encore jamais vue. Pour échapper à sa curiosité, Jae-Young quitte le compartiment.
À son retour, la voiture est vide il ne reste que le nourrisson en pleurs… et un message la suppliant d’aller le confier à ses grands-parents.
Et si c’était une occasion inespérée de devenir quelqu’un d`autre ? Sous sa nouvelle identité, Jae-Young découvre bientôt le luxe d`un manoir isolé et une existence dorée, sous le regard de son séduisant beau-frère.
Mais très vite, des événements de plus en plus inquiétants perturbent ses plans, comme si le passé voulait la rattraper…
Il est si facile de faire confiance à la bonne personne au mauvais moment, ou à la mauvaise personne au bon moment. La frontière entre la bienveillance et le danger n’a jamais été aussi mince.
Mon avis :
Quand j’ai vu qu’il s’agissait d’un thriller coréen j’ai eu envie de découvre l’oeuvre de l’autrice. Ici Se-Ah Jang ne se contente pas de signer un simple thriller domestique elle dissèque avec une précision glaciale les pressions sociales qui pèsent sur les femmes en Corée du Sud.
C’est le culte de la belle-famille, le poids des apparences, la maternité obligatoire et le devoir de perfection, le roman met en lumière la violence symbolique et psychologique qui peut s’imposer au sein même du foyer.
Ce que j’ai apprécié c’est que Se-Ah Jang brouille constamment les lignes entre victime et bourreau on observe avec une fascination morbide la dégradation de la santé mentale des personnages et la manière dont les secrets du passé viennent empoisonner le présent.
Le rythme est lent et lancinant l’ambiance est lourde : Le récit traite de harcèlement moral, d’isolement et de pression psychologique. C’est une lecture captivante, mais émotionnellement intense.
À l’époque où je l’avais connu, je n’avais aucune attache. Ma famille d’accueil avait fini par me renvoyer à l’orphelinat. Et depuis que j’avais quitté celui-ci, je vivais seule. J’avais toujours espéré rencontrer un homme digne de confiance, qui m’aurait vraiment soutenue. Mais mon rêve a rapidement viré au cauchemar.
♡ Le mot de Jessica
Quelle claque ! La Belle-Fille est un thriller psychologique d’une finesse et d’une noirceur incroyables. J’ai été totalement révoltée puis fascinée par ce duel vénéneux entre ces deux femmes que tout oppose et que la tradition enchaîne.
Se-Ah Jang maîtrise l’art de l’angoisse feutrée à la perfection : pas besoin d’armes ni de sang, les mots et les silences suffisent à créer un suspense insoutenable.
Alors si vous aimez les drames familiaux sombres et la littérature asiatique contemporaine, foncez, vous ne pourrez plus le lâcher !
Ma note :
❤️❤️❤️❤️
4 / 5