Emilia Rossi

Editions Eden Eds
Juliet a construit sa vie autour de ce qu’elle peut contrôler, son appartement, quelques lieux familiers, la librairie dans laquelle elle travaille… Son monde est volontairement petit parce que le monde extérieur lui fait peur.
Depuis plusieurs événements traumatiques, elle vit avec une agoraphobie qui conditionne chacun de ses déplacements et chacune de ses décisions.
Jusqu’a ce que Romeo entre dans sa librairie.
Il est dangereux, il appartient à la mafia, il vit dans un univers fait de violence, de secrets et de menaces.
Elle cherche la sécurité…
Lui représente tout ce qui pourrait la mettre en danger…
Et pourtant, quelque chose se passe…
Mon avis :
Certaines romances se lisent pour le frisson, d’autres pour le danger, la tension, les personnages un peu trop possessifs et les scènes qui font grimper la température.
Mais il y a aussi qui traitent de la reconstruction et la possibilité de retrouver une vie après avoir eu l’impression de l’avoir perdue. His Juliet, deuxième tome de la saga Empire of Royals d’Emilia Rossi, appartient clairement à cette dernière catégorie.
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce roman, c’est que Juliet n’est pas réduite à ses traumatismes certes elle est fragile, elle a peur, mais elle n’est jamais simplement « la fille à sauver ».
Son évolution constitue pour moi l’un des plus beaux aspects du roman.
Au contact de Romeo, Juliet commence progressivement à repousser les limites de la petite existence qu’elle s’était construite, pas parce qu’il arrive miraculeusement à la « guérir », mais parce que sa présence lui permet de découvrir qu’elle est peut-être capable de davantage qu’elle ne le croyait.
Et c’est là que j’ai trouvé leur histoire particulièrement touchante parce que parfois, aimer quelqu’un ne signifie pas lui enlever ses blessures.
Cela signifie simplement lui donner suffisamment de sécurité pour qu’il ose recommencer à avancer.
Romeo est évidemment le personnage qui pourrait facilement tomber dans la catégorie du book boyfriend mafieux beaucoup trop dangereux pour être raisonnable.
Charismatique, protecteur, possessif, drôle et profondément amoureux de Juliet, Romeo apporte au récit une énergie complètement différente.
Il aurait pu être uniquement le « mâle alpha » sombre et menaçant que l’on retrouve dans beaucoup de romances mafia.
Mais son côté plus léger et son humour permettent justement d’équilibrer la noirceur de son univers.
Et surtout, j’ai aimé le contraste entre l’homme qu’il est dans le monde de la mafia et celui qu’il devient auprès de Juliet.
Avec elle, il n’est plus seulement Romeo De Luca, il devient simplement un homme amoureux d’une femme qu’il veut protéger sans l’empêcher de devenir elle-même.
Il était presque impossible qu’une histoire réunissant Romeo et Juliet ne fasse pas penser à Shakespeare, mais Emilia Rossi ne cherche pas à reproduire Roméo et Juliette.
Elle met en lumière plutôt cette idée des amants que tout semble opposer mais dont l’univers tout entier bascule en une rencontre.
Bien que ce soit une romance spicy et que le désir soit très présent, nous sommes dans une relation fondée sur la confiance, la protection et l’intimité.
Juliet m’a touchée parce qu’elle ne devient pas soudainement une autre femme : Elle reste Julie mais elle apprend à vivre avec davantage de liberté.
Romeo, avec toute sa noirceur et ses défauts, devient pour elle une présence rassurante dans un monde qu’elle a longtemps vécu comme une menace.
La plus belle chose que Romeo puisse offrir à Juliet n’est pas de la protéger du monde, c’est de lui donner envie d’y retourner.
♡ Le mot de Jessica
Romeo ne tombe pas amoureux d’une Juliet « réparée », il tombe amoureux d’une Juliet qui porte encore ses blessures et Juliet ne tombe pas amoureuse uniquement du mafieux séduisant elle découvre l’homme derrière la violence.
Il faut néanmoins le préciser : derrière son côté romance addictive et parfois très drôle, His Juliet aborde des thèmes difficiles.
Le roman évoque notamment les traumatismes, le deuil, l’agoraphobie, les violences sexuelles, l’automutilation et le suicide.
Ce n’est donc pas une lecture légère malgré les nombreux moments de douceur et d’humour.
J’ai donc refermé His Juliet avec cette sensation assez particulière d’avoir lu une mafia romance qui cache sous ses apparences de danger une histoire profondément tendre sur la confiance, le traumatisme et la reconstruction.
Attention aux TW : agoraphobie, traumatismes, violences sexuelles, deuil, suicide, automutilation, violence et trafic humain.
Et vous connaissiez-vous cette lecture ?
Ma note :
❤️❤️❤️❤️
4 / 5