Stendhal

Editions Librio

Publiée en 1829 dans la Revue de Paris, puis intégrée aux Chroniques italiennes, sa nouvelle Vanina Vanini est un chef-d’œuvre de concision dramatique.

L’action se déroule à Rome dans les années 1820, une époque marquée par les insurrections des Carbonari, ces sociétés secrètes italiennes qui luttent pour la liberté et l’unification de leur pays contre l’oppression autrichienne et le pouvoir du Pape.

Vanina Vanini est une jeune aristocrate romaine, fille d’un prince influent. Courtisée par les plus grands partis de la ville, elle rejette les prétendants avec dédain, s’ennuyant profondément dans les salons de la haute société. Sa vie bascule le jour où son père cache secrètement chez eux un jeune blessé évadé de la forteresse de Saint-Ange : Pietro Missirilli, un jeune carbonaro d’origine modeste mais au courage légendaire.

Pietro est recherché par toutes les polices. Vanina s’improvise infirmière, découvre son secret et tombe éperdument amoureuse de lui. Une passion mutuelle naît entre la princesse romaine et le révolutionnaire en fuite. Cependant, un rival invisible s’immisce rapidement dans leur couple : la Patrie.
Pietro guérit et ressent l’appel du devoir politique, tandis que Vanina exige un dévouement amoureux exclusif. Pour garder l’homme qu’elle aime, la jeune femme va alors commettre un acte d’une audace désespérée, aux conséquences irréversibles…

Mon avis :

Ce qui m’a plu c’est la découverte d’une héroïne d’une modernité saisissante : Vanina Vanini est une digne représentante des grandes héroïnes de Stendhal. Elle n’est ni passive ni soumise ; elle est entière, orgueilleuse et maîtresse de son destin. Sa volonté de fer l’amène à défier l’autorité paternelle, la religion et l’État. C’est un personnage fascinant par sa force, mais aussi par sa noirceur lorsqu’elle bascule dans l’égoïsme passionnel.

Il y a une différence entre les personnages principaux Pietro incarne l’héroïsme républicain, prêt à sacrifier sa vie et son bonheur pour l’indépendance de son pays. De l’autre, Vanina incarne l’héroïsme de la passion, pour qui le monde entier n’existe plus face à l’être aimé. Stendhal orchestre ce conflit avec une tension dramatique constante.
J’ai apprécié la forme de la nouvelle qui impose ici un rythme rapide ce qui est assez plaisant.

Ce n’est pas un coup de coeur mais c’est une belle introduction au monde des classiques, notamment de Stendhal. Assurément je continuerai la découverte de cet auteur au travers de son oeuvre majeure : Le Rouge et le Noir.

Et vous connaissiez-vous cette nouvelle de Stendhal ?

Ma note :

❤️❤️❤️

3/5