Thierry Consigny

Edition Grasset

« Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin » 

A travers ce roman Thierry Cosigny met en relief deux évènement tragiques.


D’une part , il raconte la mort de Léopoldine la fille de Victor Hugo le 4 septembre 1843 à l’âge de dix-neuf ans , son père en a quarante et un .

D’autre part , la mort de Lara sa fille r à l’âge de quatre ans qui meurt noyer le 28 juillet 1997 , l’auteur avait l’âge de trente-six ans.

Qui de mieux qu’une personne qui a connu la mort d’un enfant qui peut ressentir et raconter les faits après les avoir vécu.

Cet événement plonge Victor Hugo dans un mutisme profond, durant trois ans l’auteur si prolifique ne publie plus un poème, plus un vers.
Mais de ce drame vont naître ses plus grands chefs-d’œuvres , Les misérables notamment de même cet homme si conservateur , deviendra révolutionnaire et un génie en son temps.

Sa vie amoureuse notamment va prendre un nouveau tournant marié mais ayant une maitresse en l’instar de Juliette Drouet en voyage avec lui en Espagne lorsqu’il a appris la mort de sa fille , il décide de vivre une passion avec Léonie , il aime les deux et ne sait que faire….

Lecture poignante et poétique Thierry Cosigny réécrit l’histoire à partir d’une histoire pourtant connu de tous de façon magistrale.

« Pour Hugo, la mort de Léopoldine a rendu tous les faux-semblants, toutes les vanités mondaines dérisoires, et a donné, au contraire, une valeur vitale aux vrais trésors, aux rares génies qui participent du sel de la vie.» 

Mon avis :

Victor Hugo est un auteur immensément connu de part ses oeuvres et son combat politique , de sa vie intime je ne connaissais que des bribes prises ici et là dont la mort tragique de sa fille Léopoldine.

J’ai connu cet évènement marquant en classe de littérature au lycée nous étudions alors des extraits des Contemplations à partir du moment où j’ai lu ces vers j’ai ressenti , l’immensité l’amour d’un père envers sa fille qu’il n’oubliera jamais.

Hugo a vécu après la mort de sa fille mais la douleur et son chagrin ne se sont jamais éteints malgré la carrière de génie qu’il a eu , Hugo n’accepte pas la mort de sa fille et s’adresse à elle comme si elle était encore vivante.

Avec cet extrait par exemple:

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Ce roman est un roman sur le deuil, la paternité mais aussi la renaissance de ceux qui restent , ce n’est pas un roman joyeux mais il écrit tout en finesse et en poésie.



J’ai apprécié ma lecture car j’en ai appris davantage sur Hugo sur ce qu’il est devenu après cette mort, il est passé de brisé qui a vu son univers s’écroulé à un écrivain virtuose que tout le monde connaît car il n’écrira plus jamais de la même façon.

L’auteur en parallèle évoque aussi la disparition de sa fille , le lecteur peut penser que c’est sans doute un exutoire qui montre qu’il n’est pas seul les deux hommes se rejoignent dans la mort de leurs enfants disparus de façon similaire.

En définitive je dirai que cette lecture peut paraitre malaisante , car c’est un livre qui interroge pourquoi l’auteur l’a écrit ? Quel était son but ?

Est-ce pour garder auprès de nous ceux qui sont partis trop tôt ? Peut-être que Victor Hugo avait tranché à son époque lorsqu’il s’adonnait aux séances de spiritisme pour se rapprocher de Léopoldine et en se recueillant sur sa tombe chaque année.

Ma note :

❤️❤️❤️

3/5